Mardi 31 mai 2 31 /05 /Mai 00:00

Bussy Saint-Georges, le 13 mai 2005

 

 

 

 

Madame, Monsieur,

 

En 1998, comme en 2001, vous avez bien voulu accorder votre soutien à l'équipe municipale que j'ai l'honneur de conduire. Près de sept ans après ma première élection et alors que j'estime Bussy à la croisée des chemins, il m'a semblé important de vous écrire.


Me promenant dans nos rues, je me rends compte de visu que nous sommes parvenus à honorer le plus important de nos engagements : renouer avec notre identité de ville des parcs et jardins. À force de lutter, nous avons écarté le spectre de ces villes nouvelles entre béton et délinquance. L'État a raté toutes ses cités radieuses qu'il ambitionnait de créer pour équilibrer l'Ile-de-France. Qui d'entre vous veut vivre au cœur de Cergy ou d'Evry ? Trouvez-vous pittoresque le Luzard à Noisiel ?  Était-ce intelligent de porter ces agglomérations à 60 % de logements sociaux pour leur donner l'apparence de ghettos ?

 

Au milieu de cet océan de médiocrité, Bussy surnage tel un îlot de tranquillité et de prospérité. Oui, vous avez bien lu prospérité. Ceux qui se gaussent de nos difficultés feignent de ne pas voir le doublement des prix de l'immobilier qu'a connu notre village seine-et-marnais. Moi, je sais qu'à force d'une attention de chaque instant pour préserver un urbanisme à taille humaine, m'obligeant à revoir tous les projets de l'Epamarne, nous sommes arrivés à donner une image valorisante de Bussy. La valeur de nos appartements et maisons s'en ressent et notre cadre de vie en bénéficie. Bien sûr, la réussite était trop belle pour ne pas attirer des jalousies innombrables et assassines. Ce dernier mot n'est pas trop fort pour caractériser la suite d'attaques sordides et de coups bas que nous avons essuyés depuis juillet 2003. Je  ne les compte plus.


 En réalité, pour l’essentiel, ces attaques ne résultent que des reliquats des législatives de 2002 qui m'ont amené des inimitiés tenaces. Normal diront certains, c'est le jeu politique. Rondeau s'est présenté. Il a perdu et doit payer.

 

En 2002, je voulais siéger au parlement aussi pour m'atteler au chantier de la réforme de notre statut. Ce qui ne me vaut pas que des amis.

Dès 1999, j'ai écrit, à propos des lois Chevènement sur l'intercommunalité, que notre cadre de ville nouvelle était devenu au fil des années un handicap majeur. Que pouvons-nous espérer quand l'État taille dans nos subventions au nom de ses impératifs budgétaires tout en sommant l'aménageur public, propriétaire des terrains, de vendre au plus vite ? Nous faisons face à l'afflux de nouveaux concitoyens en étant privés des ressources pour les accueillir.

 

Avec l'ancien Directeur général de l'EPA, j'avais instauré un mécanisme de cession à l'euro symbolique de terrains qui répartissait ainsi les fruits de la croissance. Combien de gagné pour Bussy ? Près de 10 millions d'euros. À l'été 2003, le conseil d'administration d EPAMarne a aboli ce mécanisme. Rien n'est venu le remplacer.


Savez-vous qu'en 1999, en application de la loi de finances 1993, le législateur nous a privés de la dotation globale d'équilibre spécifique qui nous permettait, entre autres, de financer nos groupes scolaires ? Je vous renvoie à un article paru dans Le Journal de Bussy où j'ai prouvé que Jean-de-la-Fontaine avait été subventionné par ce biais à hauteur de 30 % et Louis  Guibert à 10 %. Qui paye la différence ? Vous et moi par nos impôts.

 

Voilà où nous en sommes arrivés avec le statut de ville nouvelle. Le même État qui réduit ses aides, qui cherche à nous faire payer les équipements de superstructure et d'infrastructure rendus nécessaires par les ventes de terrains de son aménageur, nous donne des leçons de gestion !

 

En vérité, nous n'avons plus rien à espérer de la notion de ville nouvelle. Le seul sujet qui prévaudra dans les années à venir sera celui de notre retour au droit commun. J'en fais, à partir de ce jour, le fil directeur de mon action. Que l'État, puisqu'il ne peut plus nous accompagner, nous rende notre liberté et notre foncier. Nous y bâtirons ce qu'attendent les Buxangeorgiens : des quartiers peu denses, largement résidentiels, nantis d'espaces verts. Avec l'argent des promoteurs, nous construirons les routes et les écoles dont nous avons besoin. Un doux rêve ? C'est ce qui s'est pratiqué et se pratique de Lyon à Toulouse, de Levallois à Issy. Pourquoi ce qui marche chez les autres nous serait interdit ?


L’opuscule qui accompagne ce courrier, et que je publie à mes frais,  reprend et développe ces thèmes. J'espère qu'il vous convaincra. Pour mener à bien ce nouveau combat qui décidera, à mon sens, du visage définitif qu'aura Bussy, je ne peux réussir qu'avec votre soutien. La majorité municipale a besoin de la légitimité que vous lui conférez.


Avec à cœur Bussy Saint-Georges, que j'aime et où je vis, je vous demande de m'aider.
Sans vous, je n'aurais jamais été élu. Sans vous et les élus qui me témoignent amitié et confiance, je ne serais pas maire. Sans vous, je ne peux avancer.
Ces mots simples mais qui décident du destin de Bussy et du mien, je voulais vous les dire.
Demain ne sera que ce que nous en ferons.


Cordialement,

 


Hugues RONDEAU

Par Rondeau - Publié dans : Hugues Rondeau écrit aux Buxengeorgiens
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Vendredi 20 mai 5 20 /05 /Mai 00:00

 

Trente ans après leur création, que sont devenues les villes nouvelles ? Lancées à la fin des années 60 pour faire face à une croissance démographique et économique sans précédent, elles marquaient la volonté des Pouvoirs publics de fixer de manière équilibrée les besoins urbains de la région Ile-de-France. Selon les propres termes du Général de Gaulle, il s’agissait de « l’action la plus durable conduite par l’Etat dans le domaine de l’aménagement ».

Décrétées Opérations d'Intérêt National, les villes nouvelles ont longtemps fait l’objet de toutes les attentions. Mais les temps changent… L’Etat des années 2000 semble ne plus avoir les moyens de son ambition urbaine. Désormais, si les villes nouvelles entendent parachever vingt années de réussite, elles devront le faire sans compter sur le soutien de la puissance publique.

Au cœur de Marne-la-vallée, la ville nouvelle qui se développe le plus avec un solde migratoire positif, l’exemple de Bussy Saint-Georges est significatif. Son statut de support d’agglomération nouvelle est unique en France. La ville est habituée aux contraintes économiques et aux enjeux posés par la poursuite de son urbanisation, Depuis 1985,  l’équation est simple. Comment répondre aux objectifs de construction de logements, d’implantation d’entreprises, d’équilibre emploi-habitat, en jonglant entre ses recettes propres et les dotations spécifiques prévues initialement pour soutenir le développement, qui disparaissent progressivement.

Bussy Saint-Georges  est pourtant une formidable réussite urbaine, voire économique lorsque l’on considère  qu’elle abonde chaque année les caisses de l’Etat des impôts et taxes issus de la commercialisation de centaines nouveaux logements.

Hier un village nanti de quelques habitations et commerces, la ville est aujourd’hui le pôle de développement urbain majeur de l’Est parisien, et surtout la commune de France qui connaît la plus forte croissance démographique. De 1985 à 2005, la population a été multipliée par 30, passant de 500 à 20 000 habitants. Avec ses écoles, centres de loisirs, gymnases, et médiathèque, Bussy Saint-Georges n’est pas une ville « champignon » provisoire mais une véritable cité au caractère affirmé et son niveau d’équipement témoigne d’un environnement urbain exceptionnel. Ce qui a pris des siècles dans la plupart des villes, ne durera ici pas plus de 25 ans.

C’est pour répondre à ce défi que l’aménagement du territoire doit opérer un retour en force. Soucieuses de répondre aux attentes de leurs administrés venus s’installer à la recherche d’une forte qualité de services, les villes nouvelles ne pourront supporter longtemps ce qui ressemble de plus en plus à un goulet d’étranglement,. Faute de ne plus être soutenus, beaucoup d’élus seront tentés d’opérer un retour au droit commun et de recouvrer ainsi leur liberté, mais au détriment de leur mission initiale. Les villes nouvelles restent pourtant une idée neuve.

Par Rondeau - Publié dans : edito
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